Zone de non-droit Le blog de Laurent Chemla

17déc/041

Le trou du bon chat

«Le trou du bon chat» est formé par la dépres­sion cau­sée sur un mate­las par le poids du torse de l’humain lorsque ce der­nier se couche sur le côté, et par la posi­tion du bras qui repose côté lit.

Dans cette posi­tion (cou­ché sur le côté), la forme humaine oblige à avoir le bras dit «du des­sous» dis­posé selon un angle d’environ 90°, allongé sur le même mate­las sur lequel l’humain est étendu. C’est entre ce bras et le torse (qui lui aussi est dis­posé selon un angle de 90°, mais cette fois-ci ver­ti­ca­le­ment) que se crée «le trou du bon chat» dans lequel le félin (quand il est bon) va natu­rel­le­ment se lais­ser tom­ber d’un coup (le terme tech­nique est: «pof») après avoir véri­fié, en fai­sant un tour sur lui-même, de quel côté se trou­vait le torse et de quel côté se trou­vait le bras.

La posi­tion féline finale dépend de plu­sieurs fac­teurs, notam­ment le poid de l’humain et la résis­tance du mate­las. Mais la plus cou­rante (et qui est nom­mée «posi­tion du bon chat dans son trou») est une forme (dite «du chat vau­tré») dans laquelle le félin repose lui-même dans la posi­tion de l’humain (cou­ché sur le côté), fai­sant face à l’humain, pattes arrières appuyées sur le ventre de l’humain (qu’on sur­nomme le plus sou­vent «le bidon», dans ce cadre), pattes avant, ainsi que l’impose la forme féline, soit repliées contre le torse (du chat) soit devant ses yeux, selon que la lumière dérange ou non le félin.

Selon que la dif­fé­rence entre le poids de l’humain et la résis­tance du mate­las impose à ce der­nier une dépres­sion plus ou moins pro­fonde, la tête du chat repo­sera soit direc­te­ment sur le mate­las col­lée au creux du bras de l’humain, soit direc­te­ment posée sur le creux interne du coude humain, qui forme alors un oreiller à la fois doux et chaud.
Le chat ainsi dis­posé, s’il est bon, se met­tra aus­si­tôt à ron­ron­ner ou à ron­fler, selon son état d’éveil.

Il est assez facile, pour l’humain, de dis­tin­guer entre le ron­fle­ment et le ronronnement.

Dans le pre­mier cas (le félin rêvant comme c’est l’usage de la chasse aux papillons) remue ses pattes comme s’il don­nait l’assaut à sa proie: ces mou­ve­ments com­pul­sifs (heu­reu­se­ment à peine esquis­sés) impli­quant de petit coups don­nés par les pattes arrières sur le bidon pen­dant que les pattes avant ont leurs griffes sor­ties et appuyées légè­re­ment sur le torse de l’humain (cou­ché sur le côté).

Dans le second cas, le chat (s’il est bon) se met­tra rapi­de­ment à «patas­ser» son humain, action décrite par de nom­breux auteurs et consis­tant à déployer une patte avant après l’autre contre le torse de l’humain (cou­ché sur le côté), toutes griffes dehors, avant de s’endormir.
Il est ainsi aisé, pour l’humain, de dins­tin­guer entre les deux états du chat (éveillé ou endormi), selon qu’il reçoit des coups sur le bidon ou qu’il res­sent un plan­tage régu­lier des griffes du félin contre son torse.
D’autre part, le ron­fle­ment et le ron­ron­ne­ment sont assez dins­tincts, eux aussi, pour aider l’humain à devi­ner l’état du chat (éveillé ou endormi), même si l’humain souffre (ce qui est sou­vent une adap­ta­tion néces­saire à l’humain cot­toyant régu­liè­re­ment un félin) d’une insen­si­bi­lité totale ou par­tielle du bidon et du torse.
L’humain, lorsque le chat adopte cette posi­tion (ce qu’il fait, s’il est bon, chaque fois que l’humain se couche sur le côté) doit éviter de s’endormir à son tour. En effet, l’humain ayant une ten­dance natu­relle à se retour­ner dans son som­meil ris­quera de pré­sen­ter son dos au chat (qui natu­rel­le­ment refu­sera de bou­ger, sauf en cas de mau­vais mate­las cau­sant de trop forts tres­sau­te­ments, dans ce cas il faut en chan­ger). Le chat ayant perdu son oreiller doux et chaud aura dès lors une ten­dance assez forte à expri­mer son mécon­ten­te­ment en plan­tant dans le dos de l’humain cha­cune de ses griffes et cau­sant, comme il se doit, le réveil ins­tan­tanné de ce dernier.

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  1. Et qu’est ce qui se passe s’il y a plus d’un chat ?


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