Zone de non-droit Le blog de Laurent Chemla

13sept/091

A ceux qui les ont conduits au désastre

Pour être un tant soit peu audibles lors du com­bat contre Hadopi, les oppo­sants à la loi se sont retrou­vés presque contraints de faire — à leur tour — des pro­po­si­tions pour «sau­ver» des artistes soit-disants spo­liés par le P2P. Le pré­sent ouvrage déve­loppe même cer­taines de ces options.

Le risque, quand on fait de telles pro­po­si­tions (license glo­bale, «contri­bu­tion créa­tive»), c’est de jus­ti­fier les men­songes des majors: si l’on cherche des solu­tions pour rému­né­rer les musi­ciens, c’est bien la preuve que le P2P leur fait perdre de l’argent…

Il faut en effet se rendre à l’évidence: le bour­rage de crâne des tenants de la répres­sion (quels que soient leur buts réels) a tel­le­ment bien fonc­tionné qu’il a défi­ni­ti­ve­ment ancré dans l’imaginaire col­lec­tif l’idée que l’échange d’oeuvres numé­riques impli­quait un manque à gagner pour les artistes, qu’il fau­drait com­bler d’une manière ou d’une autre.

Or, à ce jour, nul ne sait si c’est une réa­lité ou non.

Les études réel­le­ment indé­pen­dantes des majors (Indus­try Canada, UFC-Que Choi­sir, Gou­ver­ne­ment néer­lan­dais, OCDE, ADAMI…) s’orientent toutes vers la même réponse: s’il y a un impact du P2P sur les ventes de disques, celui-ci est minime, voire même plu­tôt positif.

En tout état de cause, aucune étude sérieuse n’a encore pu établir de cor­ré­la­tion entre le P2P et la crise du disque.

Soyons clairs: per­sonne ne nie la réa­lité de cette crise. Les ventes de CD ont culminé à plus de 150 mil­lions d’unités en 2002 pour chu­ter à près de 90 mil­lions en 2006.

Mais affir­mer, comme le font les gou­ver­ne­ments, la SNEP (Syn­di­cat Natio­nal de l’édition Pho­no­gra­phique) ou l’IFPI (Inter­na­tio­nal Fede­ra­tion of the Pho­no­gra­phic Indus­try), que cette chute des ventes est à attri­buer au seul par­tage de fichiers est au mieux une grande exa­gé­ra­tion, au pire un men­songe pur et simple.

Les faits sont là: si l’on cesse de se foca­li­ser sur la musique pour s’intéresser, par exemple, au mar­ché du DVD, on constate que ce der­nier est flo­ris­sant. Mal­gré le P2P (ou grâce à lui), les ventes de DVD sont en hausse de 11% au pre­mier semestre 2009 (on pour­rait à loi­sir étudier le jeu vidéo, lui aussi aisé­ment copiable et lar­ge­ment piraté, dont le chiffre d’affaire a aug­menté de 22% en 2008 par rap­port à 2007 qui était déjà une année exceptionnelle).

Or le DVD est sou­mis à une pres­sion iden­tique: son for­mat est numé­rique — et donc aisé­ment copiable, «l’offre» pirate est très large et va jusqu’à devan­cer les sor­ties offi­cielles, et la géné­ra­li­sa­tion du haut-débit per­met de par­ta­ger un film com­plet en moins d’une heure. Selon Luc Bes­son lui-même il n’y aurait pas moins de 500000 films pira­tés par jour en France. Et pour­tant on a jamais vendu autant de DVD.

Com­ment expli­quer ce phénomène ?

Il fau­drait pour répondre de façon sérieuse que nos gou­ver­nants, au lieu den’écouter que les sirènes des artistes mani­pu­lés par leurs éditeurs, veuillent bien dili­gen­ter des études dignes de ce nom, car le sujet est com­plexe. Tout au plus est-il pos­sible de pro­po­ser quelques pistes qui semblent lar­ge­ment aussi réa­listes que celle du P2P.
D’abord et avant tout, il faut rap­pe­ler l’évidence: le bud­get cultu­rel des ménages n’est pas exten­sible à l’infini. Avec l’essort des consoles de jeux, l’augmentation des ventes de DVD, les lec­teurs MP3, les records d’entrées du cinéma, les appa­reils pho­tos numé­riques, les for­faits de télé­pho­nie mobile pour toute la famille, le prix des abon­ne­ments à Inter­net fixes et mobiles, il n’est guère sur­pre­nant qu’un rééqui­li­brage se fasse au détri­ment d’une indus­trie musi­cale qui n’a jamais su se renouveller.

Pen­dant que l’industrie du cinema inven­tait les cartes d’abonnement, les mul­ti­plex, le home-cinema, la VOD et la haute défi­ni­tion, celle du disque s’est repliée sur un CD vieillis­sant, des taxes tou­jours plus injustes, et une offre légale dégra­dée et très limi­tée (impos­sible par exemple d’acheter sur Itunes ni ACDC ni les Beatles).

Certes, l’invention du CD a poussé toute une géné­ra­tion à renou­ve­ler sa dis­co­thèque vinyle, mais ensuite, une fois celle-ci recons­ti­tuée, est-il éton­nant que les ventes dimi­nuent alors même que l’offre elle-même dimi­nuait en parallèle ?

Le rap­port 2008 du DEPS (Dépar­te­ment des études de la pros­pec­tive et des sta­tis­tiques) [1] sur la Culture est à ce titre éclai­rant: le nombre d’albums pro­duits en France par les 4 grandes majors était de 2672 en 2001 et de 1245 en 2006. L’offre a donc été divi­sée par deux en 5 ans. Et l’on attri­bue la chute des ventes au seul P2P ? Surprenant…

Pour­tant, selon la même étude, la pro­por­tion des 11–65 ans ayant acheté au moins un disque au cours des 12 der­niers mois est stable (en moyenne 77%). Et les concerts voient leur fré­quen­ta­tion aug­men­ter régulièrement.

Visi­ble­ment les fran­çais ne se sont pas tota­le­ment détour­nés de la musique payante, mais force est de consta­ter que nous en ache­tons moins qu’avant. Pourquoi ?

Peut-être devrions-nous nous inter­ro­ger sur le prix moyen d’un album ?

Repre­nons notre exemple du DVD. Selon le baro­mètre CNC-GFK, son prix moyen observé était de 15 euros en 2004. Selon Ber­nard Miyet (Pré­sident du direc­toire de la SACEM), le prix moyen d’un CD en 2008 était de 14,40 euros [2].

C’est étrange: il semble évident que le nombre d’artistes et tech­ni­ciens impli­qués dans la créa­tion d’un film est en moyenne bien supé­rieur à celui que néces­site la sor­tie d’un album de musique. Est-ce à dire que les acteurs sont moins bien rému­né­rés que les musi­ciens ? On n’ose le croire.
Il existe une façon simple de com­pa­rer ces deux objets: il est cou­tu­mier que la musique d’un film soit com­mer­cia­li­sée sous forme de CD alors même que le film dont elle est tirée est dis­po­nible en DVD. Et à tout sei­gneur tout hon­neur, pre­nons l’exemple de Luc Bes­son (grand défen­seur d’HADOPI).

Chez Ama­zon, le pre­mier prix pour le DVD du «Grand Bleu» est de 13,99 euros.
Tou­jours chez Ama­zon, le pre­mier prix pour le CD de la bande ori­gi­nale est de 6,68 euros. Un prix par­ti­cu­liè­re­ment peu élevé puisque (encore chez Ama­zon) le télé­char­ge­ment de cet album coûte lui… 9,99 euros!

Un bon exemple donc, tant il est rare de trou­ver des albums à un prix aussi bas. Cepen­dant la ques­tion reste posée: si Eric Serra à lui seul repré­sente la moi­tié du prix du DVD, com­ment sont rému­né­rés les pro­duc­teurs, réa­li­sa­teurs, acteurs et tech­ni­ciens qui ont par­ti­cipé au film ? A lui seul le musi­cien aurait coûté autant qu’eux tous ?

Dif­fi­cile à croire. Et pour­tant l’exemple est par­lant: si l’industrie du cinéma a su adap­ter ses tarifs à un public très large, celle de la musique est res­tée coin­cée à une époque faste où elle ne subis­sait pas la concur­rence de tous les autres spectacles.

Com­ment s’étonner alors que les ventes de DVD soient au beau fixe tan­dis que celles des CD est en chute libre ? Et pour­tant tout ceci n’a tou­jours rien à voir avec le P2P.

Prix élevés, offre limi­tée, envi­ron­ne­ment cultu­rel de plus en plus concur­ren­tiel et un monde de la musique qui n’a pas su se renou­ve­ler…
Voilà — sinon les causes réelles de la crise — au moins des pistes qui méri­te­raient autre chose qu’un simple haus­se­ment d’épaule quand ont affirme sans la moindre preuve que le P2P est la cause unique de tous les maux.

Mais alors, que faire pour sau­ver la musique et les musiciens ?

Avant toute chose, il est une autre idée reçue qu’il fau­drait démo­lir: non, la crise du disque (quelles qu’en soient les rai­sons) ne menace pas la diver­sité musi­cale. Non seule­ment la musique a tou­jours existé depuis que l’homme est l’homme et exis­tera tou­jours (qu’(elle soit ou non rému­né­rée) mais de plus l’essort des musiques libres (Dog­ma­zic, Jamendo…) prouve que les pro­blèmes de l’industrie du disque n’affectent en rien la créativité.

Il faut en effet bien sépa­rer deux choses: un cir­cuit de dis­tri­bu­tion en crise d’un côté, et des auteurs de l’autre. S’il est de bonne guerre pour les majors d’avoir su mettre de leur côté les artistes en les dres­sant contre leur public, ce n’est pas une rai­son pour tom­ber dans le même piège: les artistes ne sont pas res­pon­sables, sinon par leur silence, des dérives d’une pro­fes­sion qui n’a pas su s’adapter. Ils en sont les vic­times, tout comme leur public.

Car non seule­ment cette indus­trie n’a pas su évoluer face à la concur­rence des nou­veaux médias, mais en plus elle n’a même pas su s’adapter à la réa­lité numé­rique. Com­ment expli­quer qu’un for­mat médiocre, le MP3, soit devenu l’alpha et l’omega de «l’offre légale» alors même que ce for­mat dégradé (trop com­pressé, le MP3 implique une perte de qua­lité par rap­port au CD et à d’autres for­mats comme le FLAC) était celui de la musique piratée ?

Com­ment com­prendre que, plu­tôt que de choi­sir d’offrir des tarifs revus à la baisse pour une qua­lité revue à la hausse, face à «l’offre» pirate, les dis­tri­bu­teurs aient choisi d’offrir… La même chose que ce qui était déjà lar­ge­ment dis­po­nible gra­tui­te­ment sur les sites de P2P ?
Il y avait pour­tant là une oppor­tu­nité évidente de déve­lop­per l’offre mar­chande: face à des chan­sons dépa­reillées, des albums muti­lés, une qua­lité médiocre (c’était l’état du P2P en 2002), il était pos­sible de pro­po­ser à la vente des albums com­plets, sans perte de qua­lité, et à un prix cor­res­pon­dant aux écono­mies réa­li­sées dans la dimi­nu­tion des inter­mé­diaires (plus de marge des dis­tri­bu­teurs) et dans le prix de revient de «l’objet» CD. C’était une occa­sion unique!

Làs, et l’on ne peut que s’interroger sur les rai­sons qui ont conduit à ces choix: ce mar­ché qui se plaint tant de la concur­rence a refusé de s’adapter, en n’offrant qu’un réper­toire très réduit, de qua­lité médiocre et à des tarifs par­fois plus chers que l’album physique.

Face à une crise sans pré­cé­dent, on aurait pu pen­ser que le mar­ché s’adapterait, en pré­sen­tant une offre attrayante et un visage ave­nant. Mais com­ment pen­ser que le public pré­fè­rera — sur­tout sous la menace! — un choix légal plu­tôt qu’une offre «pirate» qui — oublions son prix — est tout sim­ple­ment meilleure ?

Pen­dant que du côté du P2P l’offre de qua­lité s’étoffait, l’offre légale régres­sait et inven­tait les DRM (pro­tec­tions anti-copie) de sinis­trre mémoire. Une erreur de stra­té­gie qui confine à l’aveuglement.
Une fois de plus il serait bon que l’Etat s’interroge: com­ment peut-on pen­ser qu’une loi telle qu’HADOPI pous­sera le public vers une offre légale qui n’a même pas été capable d’anticiper de telles évidences ? Est-ce à l’Etat de légi­fé­rer pour sau­ver une indus­trie qui ne sait pas s’adapter alors même qu’elle en a tous les moyens ?

Mais il est vrai que le monde de la musique com­mer­ciale semble par­ti­cu­liè­re­ment réac­tion­naire, à tou­jours vou­loir à tout prix figer ses modèles écono­miques dans un passé révolu, même face à une révo­lu­tion telle qu’Internet.

Il suf­fit de se pen­cher sur son évolu­tion pour s’en convaincre. Par exemple, quand à l’époque de la cas­sette audio nous avons entendu déjà le même dis­cours catas­tro­phique sur le manque à gagner dû à la copie, et plu­tôt que d’adapter son modèle écono­mique, il a imposé la créa­tion d’une taxe sur les bandes magné­tiques sensé limi­ter le manque à gagner.
Cette taxe a, depuis, été éten­due à tous les sup­ports phy­siques numé­riques: non seule­ment vous la payez quand vous ache­tez des CD vierges (ce qui pour­rait se com­prendre, le sup­port étant le même que celui sur lequel est ven­due la musique «phy­sique»), mais aussi lorsque vous ache­tez un disque dur externe et même (on croit rêver) lorsque vous ache­tez une carte mémoire pour votre appa­reil photo numérique!

Plu­tôt que d’adapter leurs infra­struc­tures en fonc­tion d’un mar­ché en constante évolu­tion, les majors et les socié­tés d’auteurs n’ont su que créer de nou­velles taxes pour main­te­nir à flots un modèle écono­mique du passé, alors que la musique (qui ne les a pas attendu) s’est déma­té­ria­li­sée (d’abord en pas­sant du CD phy­sique au lec­teur MP3 por­table puis en essai­mant par­tout sur Inter­net), que l’offre s’est élar­gie (loin de la ges­tion de la pénu­rie qu’impliquait un espace phy­sique limité dans les étagères des dis­quaires), et que les musi­ciens eux-mêmes se réjouis­saient d’atteindre un public de plus en plus large.

Et lorsque les taxes n’ont plus suf­fit à équi­li­brer les pertes induites par cette inca­pa­cité à évoluer, les mêmes ont fait voter des lois (DADVSI en France) sup­po­sées limi­ter par la loi les moyens tech­niques de la copie (dont les sup­ports res­taient pour­tant taxés). Et créer encore avant des CD non copiables et qui avaient le «petit» incon­vé­nient de n’être plus lisibles sur tous les lec­teurs CD du commerce.

Pire encore, non contents d’imposer des for­mats incom­pa­tibles avec les divers lec­teurs CD et MP3 du mar­ché, les dis­tri­bu­teurs et les ayant-droit ont mul­ti­plié les pro­cès ubuesques et réclamé des avan­tages incon­ve­nants.
Qu’on en juge par ces quelques exemples récents:

- en France, le 25 juin 2009, un homme de 36 ans se voit récla­mer par la SACEM pas moins de 10000 euros pour avoir télé­chargé 4 ans plus tôt de la musique commerciale.

- Aux USA, une mère de famille céli­ba­taire est elle condam­née le 19 juin 2009 à ver­ser près de 2 mil­lions de dol­lars pour avoir télé­chargé illé­ga­le­ment 24 chansons.

- le 1er aout 2009, un amé­ri­cain de 25 ans était à son tour condamné à payer 675000 dol­lars pour avoir télé­chargé 30 mor­ceaux de musique.

On peut com­prendre la volonté de «faire des exemples», mais com­ment pen­ser une seule seconde que son image sor­tira indemne de tels pro­cès ? En cri­mi­na­li­sant une acti­vité aussi lar­ge­ment répan­due, le monde de la musique ne fait que des mar­tyrs et ne risque pas de faire pitié. Com­ment peut-on croire que c’est par la coer­ci­tion et la menace qu’on atti­rera à nou­veau les clients ? C’est, là encore, faire preuve d’un bel aveu­gle­ment.
Et ce n’est pas tout. Fai­sant encore une fois montre d’un appat du gain et d’une courte-vue sans com­mune mesure, on a vu depuis peu les socié­tés d’auteurs récla­mer car­ré­ment des royal­ties sur les son­ne­ries de télé­phones lorsque ceux-ci jouent en public un mor­ceau d’oeuvre pro­tégé [3], effa­cer du compte You­tube d’un artiste sa propre chan­son [4], ou car­ré­ment récla­mer 10% des recettes d’un concert de cha­rité donné en faveur d’un enfant malade [5].

Et ce ne sont là que quelques exemples très récents.

On sau­rait se faire aimer plus aisément…

Aujourd’hui, il s’agit donc de faire por­ter au P2P le cha­peau de la crise. Et demain sans doute il s’agira d’imposer une «taxe glo­bale» qui s’appliquera à tous les accès à Inter­net pour finan­cer, encore et tou­jours, cette inca­pa­cité à atti­rer des clients désa­bu­sés.
Ces méthodes auront réussi, c’est un comble, à oppo­ser les artistes et leur public. Aujourd’hui elles se heurtent à la liberté d’expression. Demain elles deman­de­ront le fil­trage d’Internet (au grand plai­sir de gou­ver­ne­ments eux aussi dépas­sés et qui n’admettent pas l’existence d’un outil qui per­met une infor­ma­tion libre).

La vraie ques­tion n’est-elle pas: jusqu’où ira cette guerre imbé­cile avant que les artistes, fina­le­ment confron­tés à la vérité, se rebellent et s’opposent, enfin, à ceux qui les ont conduits au désastre plu­tôt qu’à ceux qui les aiment ?

[1] http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/chiffcles08.pdf

[2] http://www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/contentView.do?channelId=-536881813contentId=536900759&pr

[3] http://www.mobileburn.com/news.jsp?Id=7398

[4] http://www.techcrunch.com/2009/07/23/artist-finds-his-own-music-video-removed-from-youtube-lashes–

[5] http://www.rue89.com/ibere-espace/2009/08/15/espagne-pour-faire-la-fete-au-village-merci-de-payer–

Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. J’apprends ça ce matin : il y a un comité Théo­dule qui vient de pro­duire (ou qui va pro­duire, mais de nos jours on sait tout avant les auteurs eux mêmes…) un rap­port sur la «rému­né­ra­tion des créa­teurs» (tiens c’est mar­rant je n’ai jamais entendu par­ler d’un rap­port sur la «rému­né­ra­tion des ouvriers», sans doute qu’ils ne créent rien, eux). Et le résul­tat, notam­ment, ce serait que «pour ren­for­cer la loi Hadopi 2″ il serait utile de créer une «carte de télé­char­ge­ment légal» (une carte, sur inter­net, je ne sais pas trop à qui je vais la pré­sen­ter, mais c’est pas grave, faut sur­tout pas appe­ler ça licence glo­bale) qu’on paie­rait 25 euros par an et l’Etat ajou­te­rait 25 euros (ah bon, l’Etat, pour­quoi il ne sub­ven­tionne pas direc­te­ment les «créa­teurs» alors ?) Ca rap­pelle vague­ment quelque chose, non ?

    Et que répondent les créa­teurs ? (on peut pas bar­rer sur ce billet, faites comme si créa­teurs était barré) Je veux dire les gros ven­deurs de musique bien sûr : «ça suf­fit pas, faut faire bien plus pour sou­te­nir notre mar­ché qui est en pleine muta­tion». Ah ben voilà, ils ont cra­ché le mor­ceau, non seule­ment ils ne croient pas qu’Hadopi va vrai­ment les aider, mais ils vont au bout de l’idée : c’est bien le mar­ché, pas les créa­teurs, qu’il faut sou­te­nir (ne le dites pas aux écono­mistes qui sont les meilleurs copains de nos braves ven­deurs de disques, sou­te­nir le mar­ché c’est faire inter­ve­nir l’Etat et dans notre sys­tème c’est le mal). (Ne le dites pas non plus à Béna­bar et à Bonno, qui croient que la FNAC se bat pour eux, ça va leur faire de la peine).


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